Construction de la partie immergée des Piles (Fondations)

    Le tablier du pont des Lônes est soutenu par quatre piles. Deux d’entre elles sont situées dans le fleuve ce qui a entraîné de multiples contraintes lors de la construction. De même architecture, elles diffèrent cependant par leur hauteur afin de donner à l’ensemble de l’ouvrage une forme harmonieuse.

     Ce diaporama permet de visualiser les étapes de la construction de la partie immergée des piles : Construction des piles

     La construction des piles 2 et 3 situées sur le fleuve a nécessité l’utilisation d’une estacade (plate-forme) construite tour à tour d'un côté puis de l'autre du fleuve, pour plus de facilité.

  L'estacade

     Premièrement, on met en place le batardeau. Il s’agit d’un caisson étanche constitué de palplanches jointives en acier qui traversent l’eau. On le réalise par battage au mouton, une technique qui permet de mieux l’enfoncer dans les roches situées au fond du fleuve en "tapant" dessus.

     A l’intérieur du batardeau, on plante des tubes en acier, au nombre de six, qui traversent la couche de marnes et limons et vont jusqu’aux roches les plus dures à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. On utilise pour cela la technique du vibro-fonçage : on les enfonce en les faisant vibrer. On les évide, on met à l'intérieur une armature en acier et on les remplit de béton afin de constituer des pieux solides. En effet ces pieux assurent en grande partie la stabilité des piles et donc du pont qui pourrait être compromise lors de son utilisation.

 

Schéma en coupe de la construction des piles : après la mise en place du batardeau et des pieux

    Ensuite est coulé le bouchon. Il s’agit d’une couche de béton armé qui empêcherai à la pile de se soulever et assure l’étanchéité de l'intérieur du batardeau. Il est mis en place par des plongeurs. Comme le bouchon est créé dans l'eau (le batardeau n’a pas été vidé), la couche de béton posée est plus épaisse que celle nécessaire. En effet, une petite partie va se dégrader sous l'influence de l'eau.

     Puis l'eau est enlevée du batardeau à l'aide de grosses pompes. Une fois ce travail réalisé, les tubes en aciers sont sectionnés au niveau du bouchon, ne laissant dépasser que quelques centimètres de ferraillage.

     Le batardeau vide, le fleuve exerce sur les parois extérieures une pression d'environ 10 tonnes par mètre carré. C'est pourquoi il est nécessaire de le consolider avec des armatures métalliques :

    On coule ensuite une semelle qui va permettre de supporter la pile. Celle-ci est en béton armé.

     Une fois la pile en place, le batardeau est enlevé. De ce fait, l'eau reprend son cours normal dans le fleuve et vient se frotter aux piles.

Schéma en coupe de la construction des piles : pile terminée

     Pour les piles qui sont situées hors de l'eau, le principe est à peu près le même.

 

La construction des fondations dépend de la géologie du sous-sol:

     S'il y a présence d'une roche dure suffisamment peu profonde, les pieux peuvent y prendre appui. Ainsi, la charge de la pile et du pont est répartie sur les surfaces au contact de la roche (fig. 1). C'est le cas pour le pont des Lônes.

     Sinon, il faut que la surface de contact entre les pieux et le sable soit suffisamment grande pour avoir une poussée du sol suffisante et éviter à la pile de s'enfoncer (fig. 2). On enfonce alors les pieux plus profondément, afin d'augmenter cette surface de contact (fig. 3). On peut, théoriquement,  également utiliser des pieux avec un plus grand diamètre et les enfoncer moins profond (fig. 4), mais cela nuit à la stabilité générale du pont.

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